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Les troubles de la libido :Dans l’univers occidental, tout est objet de compétition et notre sexualité n’échappe pas à cette tendance. Autrefois sujet tabou, elle est aujourd’hui largement étalée dans tous les médias mais, alors que l’on pourrait la croire libéralisée et mieux assumée, elle reste une source de souffrances et de drames. La libéralisation des corps a imposé à tous une terrible obligation, celle de « réussir sa sexualité », une sexualité performante, quantifiable et quantifiée. En matière de sexe, nous n’échappons pas à la comparaison à un certain idéal, à une certaine norme. Pour palier ce que nous prenons pour des défaillances, nous avons plus que jamais recours aux médicaments et aux remèdes naturels des troubles sexuels. Leur commerce n’a jamais été aussi florissant, mais cela ne semble pas suffire à nous rassurer. Sans le savoir, nous nous enfonçons ainsi peu à peu dans l’obscurité de la dépréciation de soi, susceptible de se transformer en dépression vraie, pimentée de culpabilité. Le cerveau : Premier organe sexuel. L’orgasme est surtout vécu intérieur ce qui explique qu’un grand nombre de facteurs psychologiques puissent interférer négativement et d’interrompre le processus. Un mot mal choisi, un geste mal interprété et la magie est rompue. L’écran intérieur de l’un des partenaires est envahi, il n’est plus présent à son partenaire qui aussitôt s’interroge, se sent frustré. Un jeu de ping-pong psychologique se met alors en place, souvent responsable d’une incompréhension mutuelle par absence de communication à propos de ce qui vient de se passer. C’est dire l’importance de partager immédiatement à propos de tout incident afin d’interrompre les projections réciproques, afin d’arrêter de se croire victime de l’autre et de se mettre à l’écoute des difficultés réelles.
Viagra : 500 millions de dollars. C’est le chiffre d’affaires généré par la vente du viagra chaque année dans le monde. La petite pilule bleue ne représente pourtant qu’une infime partie du commerce de produits aphrodisiaques et toniques masculins. Les statistiques indiquent que 150 millions d’entre eux souffriraient d’impuissance, un chiffre qui progresse chaque année. Les femmes sont sans doute moins disertes sur le sujet, mais on estime que 30% d’entre elles ne parviennent pas à avoir d’orgasme. Après la libération sexuelle des années soixante, ce chiffre était en baisse, aujourd’hui, au contraire, il progresse.
Les grandes causes de la panne sexuelle. Plutôt que de chercher la solution de nos problèmes de sexualité dans l’emploi de tel ou tel remède allopathique ou traditionnel, nous ferions mieux de nous intéresser à notre mode de vie, à notre alimentation et aux pollutions environnementales ou médicamenteuses qui nous épuisent physiquement et psychiquement. Quant ils ne résultent pas d’une maladie (diabète, cholestérol, désordres hormonaux, dépression…) Les troubles de la libido peuvent être atténués ou résolus en agissant sur ces différents facteurs. C’est ainsi que le goût du plaisir reviendra et cela même lorsque l’âge vient diminuer naturellement notre appétit sexuel. Il n’est plus question de traiter l’impuissance ou la frigidité, l’éjaculation précoce ou la sécheresse vaginale, mais plutôt de retrouver un esprit sain dans un corps sain.
Les hommes, les femmes : Mode d’emploi. Qu’est ce qui fait croire que la sexualité, la chose la plus naturelle dans ce monde, soit devenue si compliquée chez l’être humain ? Carences, intoxications, stress… font partie des réponses qui viennent immédiatement à l’esprit. Mais la solution à nos difficultés ne peut se résumer à une liste de compléments alimentaires qui remédieraient à ces différentes causes. Nous devons aussi nous réapproprier notre sexualité. Dossier réalisé avec le concours du Docteur Bauplé et de Vittoria Sigel (conseil en médecine nutritionnelle)
La mécanique de la sexualité a été largement étudiée et documentée. Elle reste pourtant obscure pour la plupart d’entre nous et, bien souvent, par pudeur ou par honte, nous n’avons jamais cherché à comprendre ce qui se passe en nous. Une simple description de la physiologie de la sphère sexuelle nous apprend qu’il s’agit d’un phénomène complexe qui mobilise au même moment une multitude de fonctions et d’organes.
Testostérone, hormone de la libido de deux sexes. On sait que la testostérone est l’ »hormone du désir » chez l’homme. On sait moins qu’elle joue vraisemblablement un rôle similaire chez la femme, mais mâtiné du fait de la prédominance des oestrogènes. Une chose est certaine, c’est la communauté d’action de cette hormone sur les organes érectiles de l’homme et de la femme, probablement du fait de leur grande similitude structurelle : la testostérone, quand elle est prescrite chez la femme, induit non seulement une augmentation rapide de sa libido, mais aussi une turgescence de son clitoris. Cette propriété est d’ailleurs utilisée chez les jeunes filles qui se sont toujours senti une âme de garçon et qui désirent changer de sexe : leur clitoris augment alors sensiblement de taille jusqu’à être comparable à un pénis (sans urètre). L’érection de l’homme ou de la femme est sous contrôle nerveux. Le centre de ce contrôle, situé dans la moelle épinière, est lui-même régulé par une structure cérébrale, l’axe hypothalamo-hypophysaire. Lorsque l’hypophyse sécrète de la LH, elle commande la sécrétion de testostérone jusqu’à ce que celle-ci atteigne un certain taux sanguin qui stoppera la sécrétion de LH. Quand la libido est réveillée, un processus chimique se met en route au niveau des cellules de la paroi interne des artères, notamment de la région sexuelle. Il y à libération d’un gaz, le monoxyde d’azote (NO), à partir d’une réaction entre oxygène et l’arginine. A son tour, ce gaz induit une cascade d’autres réactions biochimiques qui aboutit à la relaxation des fibres musculaires lisses (indépendantes du contrôle de la volonté) situées au cœur de la paroi de ces mêmes vaisseaux. Comme les organes érectiles sont essentiellement constitués de vaisseaux sanguins, ceux-ci gonflent rapidement. Chez l’homme, du fait que les corps caverneux sont entourés d’un tissu dur et non expansible, la verge entre en érection. Un mécanisme similaire préside certainement à la turgescence du clitoris chez la femme.
Une régulation du désir différente d’un sexe à l’autre. Chez la majorité des femmes, le désir augmente au fil du cycle pour atteindre son acmé aux alentours de l’ovulation (au moment où la sécrétion des hormones féminines est la plus élevée) avant de redescendre. A l’opposé, chez une minorité de femmes, le désir est maximal au moment des règles. Avec, entre ces deux extrêmes, toutes les possibilités intermédiaires. Lorsque la femme ressent un désir sexuel, ses glandes de Bartholin, situées dans les grandes lèvres, secrètent alors de la cyprine, un liquide qui va lubrifier la vulve et l’entrée du vagin et ainsi faciliter grandement la pénétration. Chez l’homme, le processus est tout autre, suite à un stimulus quelconque, le cerveau commande la sécrétion de testostérone qui, à son tour, induit l’érection etl’augmentation du désir. Du fait du pic sécrétoire en testostérone vers six heures du matin, il est fréquent que l’homme se réveille en état d’érection, sans pour autant sortir d’un rêve érotique. Dans ce cas, son désir suit la physiologie. Le cerveau : plus gros organe sexuel. Idéalement, le désir réciproque conduit à l’acte sexuel et à l’orgasme. Extériorisé par l’éjaculation de sperme, par le méat urinaire chez l’homme, par celle d’un liquide comme de l’eau par les orifices des glandes de Skene chez la femme, l’orgasme (éymologiquement : bouillonner d’ardeur) est surtout un vécu intérieur que les mots ont grand-peine à exprimer : abandon de soi, transport, expansion de conscience, extase qui, aussi agréables qu’ils soient, font peur du fait de l’ouverture vers un monde aussi immense qu’inconnu. Par ailleurs, un grand nombre de facteurs, certains physiques mais le plus souvent psychologiques, est susceptible d’interférer négativement et d’interrompre le processus. Par exemple, le réveil d’une douleur physique, le manque de détente, la survenue de pensées parasites. C’en est ainsi parce que pour reprendre l’expression du Docteur Sylvain Mimoun, le cerveau est le plus gros organe sexuel de l’être humain, mais aussi le plus sensible. Un mot mal choisi, un gest mal interprété, et la magie est rompue. Des souvenirs traumatisants ont envahis l’écran intérieur de l’un des partenaires ou bien des croyances ont sidéré son mental. Immédiatement, il replonge dans les souffrances émotionnelles d’un passé qu’il croyait révolu. Il n’est plus présent à son partenaire qui aussitôt s’interroge, voire se sent frustré. Un jeu de ping-pong psychologique se met alors rapidement en place, souvent responsable d’une incompréhension mutielle par absence de communication à propose de ce qui vient de se passer.
Le dialogue : régulation indispensable. C’est dire l’importance de partager immédiatement tout incident, afin d’interrompre les projections réciproques, afin d’arrêter de se croire victime de l’autre et de se mettre à l’écoute de ses difficultés réelles. Par ailleurs, l’émergence d’un trouble sexuel peut-être l’expression d’une insatisfaction dans un domaine autre que celui de la sexualité. Non, faire l’amour ne fait pas tout, même si on le fait bien ! Si, avant de vivre à deux, l’être humain avait la pleine conscience de la nature exacte de ses besoins dans une relation de couple, il éviterait certaines désillusions et n’irait pas chercher en dehors de chez lui ce qu’il ne trouve pas chez son (sa) partenaire. Une psychothérapie peut amener à cette prise de conscience, et de là ouvrir sur un dialogue enfin constructif entre partenaires.
Les nutriments de la libido : Parmi les nutriments essentiels à notre santé, certains sont indispensables à notre équilibre sexuel. On peut se les procurer séparément ou ensemble dans certains compléments alimentaires dans la plupart dans des boutiques bio.
Les Omega 3 et plus particulièrement DHA et EPA : Présent dans les produits marins qui participent à la lutte contre les phénomènes d’inflammation chronique, fréquents à partir de 50 ans.
Le Zinc : Le zinc dont la carence est responsable de la diminution de la qualité et de la quantité du liquide séminal, l’homme en perd 1mg à chaque éjaculation.
Les vitamines B6, B9 et B12 : dont les carences causent une augmentation du taux de l’homocystéine dans le sang, facteur prédictif d’accidents vasculaires.
La Vitamine B2 : Indispensable à la transformation de la B6 en sa forme active.
L’Arginine : Acide aminé à partir duquel l’organisme produit du monoxyde d’azote (NO), molécule vasodilatatrice.
Les antioxydants en général : Ils font le contrepoids à la production de radicaux libres, en empêchant ce processus naturel indispensable à la vie de s’emballer et de générer un vieillissement accéléré de tous les tissus. Parmi les principaux, retenons les vitamines A, C et E, les caroténoïdes, (astaxanthine, lycopène), le sélénium, le zinc, certains flavonoïdes (pycnogénol, resvératrol), la coenzyme Q10.
Le magnésium « liposoluble » : indispensable à la bonne régulation du cycle de Krebs, à l’origine d’une grande partie de la production de l’énergie essentielle aux diverses fonctions du corps, maintien des constantes physiologiques, régénération des tissus, mouvement, etc… D’autre part, c’est le grand remède naturel du stress. Il est donc très souvent indiqué au cours des troubles sexuels comme par exemple au cours de l’éjaculation précoce.
Le Cholestérol : il est essentiel à l’équilibre sexuel car c’est à partir de lui que notre organisme synthétise les hormones sexuelles mâles et femelles. Aussi, le régime anticholestérol ne doit il être réservé qu’aux personnes présentant un taux anormalement élevé de LDL Cholestérol ou trop bas de HL cholestérol.
Les Troubles qui gâchent le sexe : La frigidité L’orgasme féminin est souvent qualifié de clitoridien ou de vaginal. Aujourd’hui, les résultats d’études conduites selon les critères de rigueur les plus stricts, il apparaît que l’orgasme essentiel de la femme serait clitoridien. Selon les positions adoptées, le clitoris est plus ou moins stimulé. Ainsi, la femme ne peut-elle accéder à l’orgasme aussi régulièrement que l’homme. Et ce qu’on appelle frigidité n’est le plus souvent que défaut de position. En cas de difficulté, inutile de chercher une quelconque forme de pilule miracle, la solution réside avant tout dans le dialogue entre amants.
La sécheresse vaginale : La sécheresse vaginale serait à la femme ce que l’absence d’érection est à l’homme. Et chez elle comme chez lui, cela ne signifie pas absence de désir. Son origine varie avec l’âge et le contexte. Lors des premiers rapports, par exemple, le stress que vit la jeune fille nuit à la sécrétion du liquide de lubrification vaginale. Au moment de la ménopause, c’est la chute de sécrétion des oestrogènes qui induit une baisse du désir, une sécheresse vaginale mais aussi une atrophie de la muqueuse. La pénétration devient douloureuse. Ce qui provoque l’espacement des relations sexuelles, et par là, la diminution de la stimulation de la muqueuse, qui conduit à des souffrances de plus en plus importantes et à un espacement encore plus grand des rapports. Ainsi la femme s’intalle t-elle dans un véritable cercle vicieux.
Le premier remède est de consacrer suffisamment de temps aux préliminaires. Ensuite, le choix d’un complément alimentaire dépend de l’âge. Chez la jeune fille, en cure (orotate de magnésium ou glycérophosphate de magnésium) permet de diminuer le stress et d’augmenter le seuil de sensibilité à la douleur.
Chez la femme (pré) ménopausée, un extrait de soja donne à l’organisme une certaine imprégnation hormonale, qui est avantageusement complétée par la consommation régulière de produits à base de soja (tofu, lait de soja en particulier). Enfin, la qualité du lubrifiant est des plus importantes. Choisissez une formule aqueuse comme Sensilube (en pharmacie) au pouvoir couvrant inégalé.
La cystopathie à urines claires : Peu de temps après un rapport, certaines femmes éprouvent des douleurs en urinant, douleurs qui font penser à une cystite (infection urinaire). Elles prennent des traitements antibiotiques mais le phénomène se reproduit au pont qu’elles craignent tout nouveau rapport. Ce tableau est bien connu des homéopathes : les douleurs apparaissent essentiellement en fin de miction et persistent après, pendant un moment plus ou moins long ; les urines sont claires et n’ont pas changé d’odeur ; boire plus ne change rien. Enfin, la recherche d’un germe microbien dans les urines est négative. Le remède est Staphysagria, le plus souvent en haute dilution (15CH), à prendre dès les premiers symptômes et à répéter après chaque miction douloureuse ou en préventif, quelques minutes avant les états amoureux.
Ce tableau révèle aussi un stress interne ou/et une carence en magnésium. Si une cure de magnésium n’améliore pas la situation, il faut envisager une coute psychothérapie afin d’évacuer l’origine du stress engrammé (EMDR si notion de traumatisme autour de la sphère sexuelle, sinon gestalt-thérapie).
La contraction de la vulve : C’est une douleur localisée à l’entrée du vagin (proche de la dyspareunie), survenant dès le début de la pénétration mais aussi en cas d’application de tampons périodiques, d’examen gynécologique ou de promenade en vélo. Le médecin en fait aisément le diagnostic en parcourant l’orifice vulvaire avec un coton-tige ou un doigt : l’endroit enflammé se révèle alors par une sensation de coupure ou de brûlure.
Généralement, un traitement local cicatrisant et l’abstention de tout rapport pendant une à deux semaines permettent le retour à la normalité.
La dyspareunie : une infinité de causes possible. Cela fait mal où ça devrait faire du bien. C’est une pathologie essentiellement féminine qui se manifeste par une pénétration difficile et douloureuse. Son intensité est extrêmement variable d’une femme à l’autre, de légère à sévère, d’intermittente à persistante au-delà de la relation sexuelle. Même si son désir est intense, la femme n’atteint alors l’orgasme qu’assez rarement. Les causes de la dyspareunie chez la femme son multiples et varient selon l’âge. Elles peuvent être d’ordre psychologique (persistance de la « peur d’avoir mal » qui accompagnait les premiers rapports ou de la douleur réelle ressentie à ce moment-là, culpabilité liée au plaisir) ou résulter d’une pathologie (infection vaginale ou urinaire, cicatrisation incomplète après un accouchement, maladie gynécologique, cicatrice rétractile à la suite d’une opération chirurgicale sur le petit bassin) ou encore avoir une origine comportementale (toilettes trop fréquentes ou/et trop insistantes, utilisation de parfum à même ou à proximité de la vulve).
Bien que plus rare, la dyspareunie existe aussi chez l’homme. Elle se manifeste par une douleur persistante au niveau du petit bassin : pénis, périnée, voire prostate. Elle s’accompagne souvent de douleur au moment de l’éjaculation. Le traitement de la dyspareunie dépend bien évidemment de la cause retenue comme la plus vraisemblable. Le traitement sera médicamenteux en cas de candidose ou d’infections à répétition, ou bien il faudra faire de la rééducation pelvienne, en cas de vaginisme ou de cicatrice rétractile. Une psychothérapie individuelle ou en couple devra être envisagée dès que la femme cherche à éviter tout nouveau rapport. Enfin la solution sera parfois exclusivement chirurgicale (prolapsus, kyste de l’ovaire).
Les troubles sexuels masculins : L’éjaculation précoce. L’éjaculation précoce est fréquente au début de la vie sexuelle ou après une longue période d’abstention. Elle est alors presque physiologique, le temps que l’homme s’habitue ou se réhabitue aux sensations agréables de l’acte amoureux. Elle devient handicapante lorsqu’elle survient systématiquement lros de chaque rapport. Les sentiments de frustration qu’elle génère chez la femme et de culpabilité chez l’homme peuvent rapidement compromettre la pérennité de leur relation de couple, surtout si l’homme évite le dialogue. Là encore, une cure magnésienne pendant quatre à six semaines est très souvent salutaire. Il est classique de distinguer une forme primaire (chez l’homme qui a toujours eu ce comportement) d’une forme secondaire (chez l’homme qui se contrôlait bien jusque-là).
Les causes de l’éjaculation précoce varient selon la forme :Dans sa forme primaire, elle a souvent pour origine une éducation au cours de laquelle la sexualité était un sujet tabou. Aussi, lors des rapports, l’homme précipite les choses comme pour éviter de se faire surprendre. Dans sa forme secondaire, un choc émotionnel est régulièrement découvert dans les antécédents.
Les traitements proposés ont beaucoup varié au cours des dernières décennies : application de gel de lidocaïne (Xylocaïne en France) à même le gland et le prépuce. Augmentation de la fréquence des rapports. Masturbation entre les rapports enfin d’apprivoiser le plaisir et ne plus se limiter au plaisir généré par l’éjaculation. Donner plus de temps aux préliminaires.
Pratique le « stop and go » (demander à sa partenaire d’arrêter tout mouvement dès qu’il sent les premiers signes précédant habituellement l’éjaculation) ou le « squeeze » (serrer fortement le gland à sa base). Ces techniques exigent une participation plénière des deux partenaires. Leur échec est souvent révélateur d’un conflit sous-jacent dans le couple.
Et, plus récemment, la prise de médicaments antidépresseurs de la classe des IRS : paroxétine (Déroxat) ou sertraline (Zoloft). Si certaines de ces propositions donnent de bons résultats, l’homme doit parfois envisager d’être accompagné psychologiquement pour parvenir à la guérison : consultation en couple d’un sexologue/psychothérapeute. Une rééducation fonctionnelle par musculation des muscles périnéaux peut être avantageusement associée (Orgawell, Centre national de thérapie brève de l’éjaculation précoce de Paris).
L’impuissance : Du fait d’un manque de rigidité ou/et de persistance de l’érection, l’homme ne parvient pas à avoir un rapport sexuel avec pénétration. L’impuissance passagère est fréquente et bien qu’elle inquiète beaucoup dans l’instant, elle est vite résolue dès que l’épisode causal est identifié et traité : surmenage physique, infection des voies urinaires (notamment prostatite), stress psychologique, évènement collatéral traumatisant (perte d’un être cher,, témoin d’un accident grave, etc…). Lorsqu’elle se produit, l’impuissance devient réellement un problème une fois sur deux. Elle est alors souvent associée à un ou plusieurs autres troubles sexuels : baisse de la libido, éjaculation précoce ou rétrograde, anorgasmie.
Les causes de l’impuissance permanente sont nombreuses et parfois s’intriquent :
- Une malformation innée ou acquise (voir maladie de lapeyronie).
La prise de certains médicaments : bétabloquants dans l’hypertension artérielle, diurétiques, cimétidine (Tagamet au cours de l’ulcère gastoduodénal), antidépresseurs, neuroleptiques, anti-androgéniques (utilisés au cours du cancer de la prostate).
- Une intoxication chronique au tabac ou/et à l’alcool.
- L’exposition à un stress chronique (au travail, de la famille ou du couple).
- Une dépression.
- Un problème d’identité sexuelle (transexualité homme vers femme).
- Un trouble hormonal : adénome hypophysaire à prolactine, maladie de la thyroïde ou des surrénales, castration chirurgicale (en raison d’un cancer).
- Le vieillissement physiologique : avec le temps, le remplissage de la verge devient moins efficace tant en volume qu’en rapidité de sorte qu’après une première érection difficile, la seconde est très retardée, voire impossible. De plus, peut coexister une baisse de la sécrétion de testostérone.
- Le vieillissement pathologique : artériosclérose (notamment au cours de l’hypercholestérolémie ou/et du diabète), maladie dégénérative (sclérose en plaques, maladie de Parkinson).
Il est relativement facile de distinguer l’origine psychologique ou organique de l’impuissance : une origine psychologique est le plus souvent marquée par son début brutal et par la possibilité de retrouver épisodiquement une certaine puissance.
Une origine organique est plus caractérisée par un début progressif et surtout l’incapacité d’avoir la moindre érection malgré des stimuli puissants. Dès qu’une origine organique est suspectée, un bilan médical s’impose : glycémie, cholestérol, créatinine sanguine (fonction rénale), testostérone libre plasmatique, doppler pénien.
En cas d’impuissance d’origine psychologique, nombre de thérapies ont montrés leur efficacité : acupuncture, homéopathie, sophrologie, yoga, gestalt-thérapie, et éventuellement EMDR. Quant au traitement de l’impuissance organique, il était très limité jusqu’à l’apparition du Viagra. En médecine naturelle on recommandait, jusqu’à son interdiction, la prise d’extrait d’écorce de yohimbe (yohimbine) : 40% de réponses positives en cas de cause organique, 60% en cas de cause psychogène, alors que le placebo n’en procurait que 16%.
Maladie de Lapeyronie Il s’agit de la déviation de la verge en érection suite à la sclérose des corps caverneux. D’origine le plus souvent inconnue, elle est cependant plus fréquente en cas de diabète ou/et d’hypertension artérielle. De plus certains médicaments allopathiques pourraient faciliter son émergence :
- Le métoprolol (Lopressor, Seloken), le propranolol (Avlocardyl), tous deux utilisés au cours de l’hypertension artérielle, de certains troubles de l’hypertension artérielle, de certains troubles du rythme et au décours de l’infarctus du myocarde.
- Le méthotrexate (utilisé au cours de certaines chimiothérapies anticancéreuses et de certains traitements contre les maladies auto-immunes). Le traitement médical consiste en vitamines E ou/et A, huiles d’avocat et de soja (Piasclédine) et para-aminobenzoate de potassium (Potaba, potentiellement toxique pour le foie). En cas d’échec, sont préconisées des injections locales de vérapamil (Isoptine, médicament de l’hypertension artérielle), souvent douloureuses…Malheureusement, il ne semble pas exister de traitement alternatif !
Les Troubles communs aux deux sexes. La baisse de la libido ou la perte du désir relève d’une extrême variété de causes, d’ailleurs communes à tous les troubles déjà évoqués. Le remède à cela est une gestion soigneuse de notre capital vie, condensée dans l’expression « Mens sana in corpore sano ».
- Une alimentation saine, dense en micronutriments (vitamines, minéraux, oméga 3….), bien cuisinée (à moins de 100°C) et prise dans des conditions optimales de détente et de plaisir.
- Une activité physique régulière qui plaise et pratiquée sans excés.
- La pratique quotidienne d’une technique de gestion du stess (yoga, euphonie gestuelle, tai-chi, qi gong, sophrologie, méditation, promenades dans la nature…), ou d’une activité artistique.
- Suivre une enseignement afin de reconnaître un environnement sain d’un environnement pathogène : savoir choisir son lieu d’habitation, quel travail préférer quand le choix existe, quelles personnes fréquenter plutôt que d’autres. Par exemple, il est inutile de rester proche d’une personne dont le mode de communication est le harcèlement moral.
- Un soutien psychologique afin d’acquérir la capacité d’identifier ses besoins essentiels, d’apprendre à les exprimer de manière qu’ils soient entendus et respectés, et enfin de savoir comment les satisfaire de façon légitime et plénière. Au cours d’un tel travail, il n’st pas rare de découvrir que le partenaire n’est pas celui qui correspond à notre plein épanouissement intellectuel, social, spirituel….même si sexuellement, cela se passait bien jusque-là. La baisse de libido vient alors révéler le manque.
- Eventuellement une psychothérapie de couple.
- Avoir sa petite bibliothèque branchée de littérature érotique.
Les aphrodisiaques : Afin d’augmenter son désir et celui de son partenaire, l’être humain a toujours eu recours à l’utilisation de certaines substances réputées accroître les performances sexuelles. Chaque année, apparaissent de nouveaux produits « plus performants » : leur origine lointaine, nimbée de mystère, alimente sans aucun doute l’imaginaire occidental. Certaines plantes sont devenues des grands classiques de la lutte contre les troubles sexuels. Leur réputation n’est pourtant que très rarement étayée de preuves scientifiques.
Le bois bandé : C’est l’écorce d’un arbre répandu aux Antilles, le Richeria grandis. Très prisé localement (tous les arbres sont dépouillés de leur écorce sur plus de trois mètres de hauteur. Il doit sa célébrité mondiale à Francky Vincent, chanteur martiniquais aux thèmes essentiellement érotiques. Chez l’homme, il procurerait de puissantes érections et une grande excitation. Chez la femme, un insatiable désir sexuel. Mais les travaux scientifiques sur lesquels se baserait l’argumentaire commercial sont tout simplement introuvables ! Le Ginseng Rouge : Plante adaptogène par excellence, le ginseng rouge (Panax ginseng) serait également efficace au cours de la dysfonction érectile. Des études disponibles (une quinzaine), il est en fait difficile de conclure quoi que ce soit car la seule étude au cours de laquelle le ginseng a été utilisé seul ne porte que sur 90 sujets ! L’extrait d’herbe de bouc : Souvent présenté sous son nom anglais « horny goat weed » l’extrait d’herbe de bouc (Epimedium grandiflora, brevicornum ainsi qu’une dizaine d’autres espèces proches) est en fait un remède traditionnel chinois (Yin Yang Huo). Des expérimentations menées chez l’animal (souris, rat, lapin) auraient confirmé l’intérêt de cette plante dans les problèmes d’érection. Malheureusement, il n’existe aucne étude chez l’humain qui aurait pu confirmer ces premiers résultats ! En tout cas, en médecine chinoise, il est déconseillé d’utiliser ce produits en cas de vide de yin avec chaleur, c'est-à-dire un tableau qui associe insomnie, sueurs nocturnes, malaises qui peuvent aller jusqu’au vertige.
La maca : Plante adaptogène, la maca (Lepidium meyenii) aurait également la capacité de rétablir la vigueur sexuelle de l’homme. Les études existent, mais portent sur des échantillons trop petits pour être significatifs. D’autre part, il n’a pas encore été possible d’identifier la molécule responsable de cet effet, mais ce n’est certainement pas une hormone.
L’écorce des racines et du tronc du Muira Puama : Ces parties de l’arbre amzonien devraient leur pouvoir érectile et aphrodisiaque à la présence de stéréols et d’un alcaloïde (la muirapuamine). C’est un des plus vieux remèdes de cette région, aussi bien utilisé pour la grippe que pour la dysenterie, les rhumatismes, les problèmes neuromusculaires. On manque ici encore de travaux sérieux.
L’écorce de Quebracho : L’écorce du Quebrfacho (Aspidosperma quebracho-blanco) aurait des propriétés aphrodisiaques qu’aucune étude ne confirme ni n’infirme à ce jour.
Le Tribulus Terrestris : C’est aujourd’hui un produit réputé parmi les plus efficaces. Au cours des années quatre vingt, des études bulgares attribuaient à cet extrait la capacité d’améliorer les performances physiques et sportives des athlètes. Peu de temps après, un laboratoire américain publiait un article entièrement basé sur ces études, aujourd’hui repris par tous les vendeurs de Tribulus Terrestris. Malheureusement, la vérité est tout autre. D’une part, la lecture attentive des travaux bulgares révèle de nombreux biais qui retirent toute valeur scientifique à ces écrits. D’autre part, les tentatives de reproduction de ces travaux chez l’homme se sont toutes soldées par des échecs. Au mieux, la prise de cet extrait n’est pas toxique.
L’Avoine : moins connue mais pas plus convaincantes : L’avoine (Avena Sativa) augmenterait le taux de testostérone dans le sang. D’abord utilisée par les culturistes afin de gagner en masse musculaire, elle fait actuellement l’objet d’un véritable engouement bien qu’aucune étude scientifique ne vienne confirme une telle allégation.
L’Ecorce de Catuaba : Utilisée en médecine traditionnelle brésilienne, l’écorce de l’Erythroxulum cauaba serit stimulante et tonifiante. Beinq ue peu d’études existent à son propos, elles ne confirment pas ces allégations, ce qui n’empêche pas les enseignes spécialisées d’en faire des éloges dithyrambiques.
Le Cordyceps : Ce champignon parasite d’une chenille chinoise a longtemps été réservé aux empereurs chinois et à leurs concubines. Cinq études modernes, toutes chinoises, prouveraient que le mycélium de ce champignon serait réellement efficace pour renforcer une fonction sexuelle défaillante, autant chez l’homme que la femme, mais du fait qu’elles n’ont pas été traduites en anglais, le doute plane sur la rigueur avec laquelle elles ont été menées.
Le Damiana : Cet arbuste d’Amérique centrale et du Sud ferait l’objet de nombreuses recherches du fait des propriétés qu lui sont attribuées : chez la femme, régulation du cycle, stimulation de la libido. Chez l’homme, tonification de l’érection, sédation des problèmes d’éjaculation précoce. Malheureusement, à ce jour, aucun travail protant spécifiquement sur la damiana n’est disponible. Toutefois, du fait de son effet psychoactif comprable à celui du cannabis, il semble bon de ne pas en abuser !
La Salsepareille : La Salsepareille (Smilax Aspera), couramment utilisée comme diurétique et remède des affections cutanées et rhumatismales, contiendrait des hormones notamment masculines et féminines et stimulerait la production de progestérone. Voilà pure désinformation car ce qui est retrouvé dans les plantes salsepareille, entre autres, ce sont des phytoestrogènes, précurseurs des hormones sexuelles et de la progestérone, mais l’organisme ne peut transformer en hormones car il lui manque deux enzymes indispensables pour réaliser ces synthèses ! La racine de ginseng brésilien : Encore appelé Suma, le ginseng brésilien (Pfaffia paniculata) est aussi auréolé de pouvoirs aphrodisiaques en plus de ses vertus adaptogènes. Sa racine est traditionnellement utilisée à cet usage mais, aucune étude praitquée en Amérique du Nord n’a retenu cet effet.
Le Tongkat Ali : L’Eurcycoma Longifolia augmenterait rapidement le taux de testostérone et le désir sexuel. Même commentaire que pour la salsepareille.
Les Plantes antioxydantes : Certaines plantes sous formes d’extraits participent à la composition de complexes aphrodisiaques bien qu’elles n’aient pas d’action sur la sphère sexuelle. Leur intérêt réside dans leur capacité de lutter contre le vieillissement, ce sont notamment le galanga, le gingembre, le Ginkgo Boloba, le piment, le poivre noir.
Une enquête qui mène à l’impasse : Au terme de cette promenade au cœur du jardin des plaisirs, il est bien difficile de recommander un produit plutôt qu’un autre. Jusqu’à il y a quelques décennies, la valeur d’un produit était bâtie uniquement sur sa réputation. Aujourd’hui, certains des produits dits aphrodisiaques ont subi le test d’expérimentations scientifiques rigoureuses. Et peu ont montré une action physiologique pouvant expliquer les vertus que la légende leur prêtait. De là, à en déduire que, dans tous les cas, c’est l’effet placebo qui intervient, il n’y a qu’un pas à faire avec pour conséquence immédiate, de considérer toute allégation aphrodisiaque comme affabulation. L’insistance des marchands de plaisir en pilule ne fait que confirmer cette opinion. Chaque jour de nouvelles croyances circulent qui, telles des rumeurs pernicieuses, distillent un poison dans l’esprit des moins informés et des plus naïfs, il est en effet courant aujourd’hui de lire sur internet des allégations come celle-ci : « Vous gagnerez avec ce remède à base de plantes ». « Un pénis plus épais (large penis) plus dur, plus long, de 3 pouces (7,6cm) ou plus pendant l’érection » « Un orgasme plus puissant et plus intense sans plus jamais avoir d’éjaculations précoces ».
La crédulité a toujours été un marché fertile ! Et chaque être humain conserve au fond de lu un enfant qui croit au miracle. Cette crédulité aveugle, qui ne s’applique qu’au domaine de la sexualité, a cependant son corollaire, l’apparition permanente de nouveaux produits miracles et l’existence d’un marché totalement opaque où aucun chercheur sérieux ne se risquerait à s’aventurer. Si certaines plantes ont réellement un effet aphrodisiaque, d’où provient-il ? Il faudra certainement attendre une ou plusieurs décennies avant d’avoir ces réponses.
La sexualité n’a pas d’âge ! Avec l’âge, la sécrétion des hormones sexuelle diminue. Comme le taux de ces hormones influe sur l’appétit sexuel, la femme, du fait de la ménopause, est plus tôt et plus fréquemment touchée que l’homme par la baisse de libido. Non seulement, elle peut ne plus ressentir de désir ni de besoin de relations physiques au point de dire « il y a un temps pour tout, la page est tournée ». Pourtant la sexualité n’a pas d’âge et chacun peut avoir une sexualité épanouie jusqu’à un âge avancé à condition de s’affranchir de la dictature de la performance. Avec l’âge, le besoin n’est plus tant dans la violence et la répétition qui accompagnent souvent la réalisation du besoin sexuel. L’homme diffère peu alors de l’animal, mais dans la sensualité, la douceur, l’intimité, la complicité, le tout dans un temps suspendu. Erection, pénétration, éjaculation ne sont plus obligatoires pour se sentir bien avec le partenaire et parvenir cependant à l’orgasme.
Propos recueillis dans Pratiques de Santé – hors série N° 9 – 19 février 2008 – Journal de la Médecine naturelle.
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