|
Ennemi numéro deux à surveiller de trés près : le sel. En France, on estime qu’il est responsable de 75 000 accidents cardio-vasculaires et qu’il tue près de 25 000 personnes chaque année. Le sel serait donc trois fois plus dangereux que la conduite automobile. Les experts de la santé s’accordent sur le processus de destruction : le chlorure de sodium accroît la pression artérielle ; ce qui entraîne tôt ou tard des accidents cardio-vasculaires. Le problème, c’est que les Français avalent entre 9 et 10 g de sel par jour, 12 g pour les plus accros. Et ce n’est pas forcément parce qu’ils ont la main lourde avec la salière. Près de 80% du sel consommé provient des aliments eux-mêmes.
Une étude lancée par l’AFSSA en 2002 a mis en évidence que « le pain, la charcuterie, les soupes, les fromages, les plats composés, les pizzas, les quiches, les sandwiches, les viennoiseries, les pâtisseries, les condiments et les sauces étaient les principaux vecteurs de sel avec plus de 80% des apports quotidiens ». L’agence préconisait dans le même temps de réduire de 20% en cinq ans, l’apport de sel. Mais face à la pression des industriels, elle n’a ni imposé des normes pour réduire les ajouts de sel, ni mis en place un étiquetage sodium. Bref, elle s’en est tenue à des recommandations et rien n’a changé. Il faut dire que, pour les industriels, le sel a plus d’un atout. Non seulement il ne coûte presque rien, mais en plus il rehausse les saveurs et permet de gonfler artificiellement les produits car il retient l’eau, un usage fréquent pour les jambons sous plastique. Alors, lorsque quelques détracteurs viennent mettre leur grain de sel dans ses combines, le lobby s’énerve. L’étude Intersalt, menée en 1997 à l’échelle planétaire sur 10 000 personnes dans 32 pays, a démontrés que lorsqu’un individu réduit de 2,3 grammes sa consommation journalière de sodium, sa pression artérielle se trouve abaissée de 4,5/1,5 mm de mercure. Comment éviter de manger trop salé ? Tout d’abord en écartant les plats préparés et en mangeant des produits les plus frais possible. Une ratatouille maison sera bien moins salée que son homologue en barquette ou surgelée. Une boite de conserve d’haricots rouges compte 1 236 milligrammes de sodium, la même quantité de haricots achetés sur le marché et cuits à la maison, 7 milligrammes seulement.
Mettez la pédale douce sur le fromage, surtout le gruyère, le parmesan, la feta…Apprenez à lâcher progressivement la salière. Si vous trouvez que vos plats manquent de goût, ajoutez des épices, de l’ail, des plantes aromatiques, une pincée de levure de bière. Pour remplacer le sel Salez vos plats cuisinés à l’aide de préparations à base de chlorure de potassium, il a non seulement le même goût que le sel de table classique mais en plus il réduit naturellement l’hypertension artérielle. Gomasio : ce mélange japonais de graine de sésame et de sel permet de rehausser vos plats en les salant nettement moins. Un gomasio classique est composé de 10% de sel et de 90% de sésame. Le sel non raffiné, le comble du raffinement Si vous ne pouvez pas vous en passer, faites au moins l’effort de proscrire le sel blanc raffiné. Lavé, traité, il est appauvri en sels minéraux et en oligo-éléments et enrichi d’additifs chimiques anti-agglomérants. Si l’on doit ajouter quelques pincées de sel dans sa platée de pâtes au blé complet, autant qu’il soit biologique. Dans ce cas, il y fort à parier qu’il aura été récolté à la main dans des marais salants. Et qu’il aura simplement été égoutté et criblé ou broyé pour le sel fin. Ce sel gris, moins riche en sodium, l’est davantage en magnésium, calcium et oligo-éléments.Propos recueillis dans le magazine « Quelle Santé » Parution de Février 2008 – N° 24
|